José Corti est le nom d' un éditeur français (J. Corticchiato, 1895 - 1984) et de la
Maison d'édition qu'il a fondée. Cette maison d'édition présente une particularité, qui la rend facilement reconnaissable, qui est que les pages des livres ne sont pas déliés, ils sont non-massicotés. Il est donc nécessaire d'avoir un
Coupe-papier pour lire un livre de cette maison d'édition - ce qui correspond assez bien à la mentalité des auteurs qui y sont publiés tels que
Julien Gracq, pour qui la littérature est un art sacré voir mystique.
Histoire
Dès
1925, il publie ses amis
Éluard,
Breton,
Aragon aux Éditions Surréalistes. Puis il crée la
Maison d'édition qui porte encore aujourd'hui son nom et publie
Salvador Dalí (
La Métamorphose de Narcisse) en
1937 et
Julien Gracq en
1938 (
Au château d'Argol, premier roman de cet auteur, avec sa participation financière). Ce dernier n'aura pas d'autre éditeur (hormis
Gallimard avec l'édition des ses oeuvres complètes en deux tomes dans
La Pléiade).
Depuis la mort de son fondateur en 1984, José Corti a continué de fonctionner sous la direction de Bertrand Fillaudeau (avec Fabienne Raphoz en co-direction depuis 1997). Plusieurs collections ont alors été créées, notamment En lisant, en écrivant (du nom de l'Essai de Julien Gracq, 1980), qui regroupe des essais d'écrivains à propos de leur expérience et du fait même d'écrire.
Une maison engagée
José Corti est une
Maison d'édition qui s'engagera, sous l'
Occupation, dans la publication de textes clandestins (à l'instar des Éditions de Minuit, par exemple). Elle publiera de nombreux textes poétiques après la guerre, ainsi que des travaux universitaires parmi les plus novateurs et des rééditions d'auteurs peu connus voire oubliés (
Radcliffe).
L'auteur le plus connu de José Corti, Julien Gracq (Le Rivage des Syrtes, Prix Goncourt 1951, refusé par l'auteur), reflète assez bien l'esprit qui a longtemps régné sur cette Maison d'édition : efforts pour la recherche littéraire plus que pour les gros profits (tirages initiaux rarement très importants) et engagement dans des voies plus ou moins risquées.
La devise des éditions José Corti est : « Rien de commun ». Elle renvoie à l'époque de la naissance de la maison où les tirages étaient confidentiels et à l’Engagement de la maison. Elle a une deuxième signification : José Corti aurait voulu, sous l'Occupation, montrer de manière implicite que sa maison d'édition n'avait rien de commun avec les occupants allemands.
Liens externes
(Notamment
cette page, pour l'histoire de la devise et de la rose des vents, par José Corti lui-même).